samedi 12 juin 2010

Un CHE grec


Voilà un portrait que je ne m'attendais pas à trouver dans la cuisine de la première maison que j'ai louée à Nauplie !

C'est en faisant de l'ordre dans mes photos (sur papier) que je suis tombée sur celle-ci, et cela m'a remis en mémoire les explications de ma vieille propriétaire, sur la raison de la présence du CHE ! dans cette maison-là :

- "C'est ma fille qui l'a peint quand elle était petite. C'est un grand révolutionnaire, il a beaucoup donné à la libération du peuple, on l'a même tué. "

Que dire, sinon "oui", sans trop montrer d'étonnement d'entendre cette vieille bourgeoise grecque vanter à ce point la révolution.

- "Ce sont les Turcs qui lui ont fait ça ! D'ailleurs, tu vois, ce point rouge qu'il a dans le béret, c'est le trou qu'ils lui ont fait quand ils l'ont abattu ! Et si son visage est tout rouge, c'est à cause du sang qu'il a versé !"

Ah, évidemment, vu sous cet angle ...

jeudi 10 juin 2010

Αστέρων παντων o καλλιστος - De tous les astres le plus beau

http://pythagoras10.files.wordpress.com/2008/10/sappho_cm.jpg


Pour faire suite à mon billet précédent, et parce que c'est mon anniversaire, je m'offre, et vous offre du même coup, une vidéo d'Angelica Ionatos, qui a mis en musique ce poème de Sappho. Il est en grec ancien et je renonce donc à le transcrire, en revanche, je peux vous en donner la traduction qu'elle en a fait.

De tous les astres le plus beau
Vesper, ramenant tout ce qu'avait dispersé l'Aurore lumineuse
Tu amènes la brebis, tu amènes la chèvre
Mais tu emmènes loin de sa mère l'enfant !






mercredi 9 juin 2010

Le coucher de soleil


Le message de Norma C sur l'or des couchers de soleil m'a remis en mémoire un moment magique.

C'était à Via Reggio, où mon ami, le capitaine grec dont je vous ai déjà parlé, a supervisé la réparation d'un yacht pendant plus de 6 mois. Je suis allée le retrouver là-bas et nous en avons profité pour visiter Sienne, que je ne connaissais que par le superbe roman de Fruttero et Lucentini "Place de Sienne, côté ombre". 

A notre retour à Via Reggio, à peine mon sac déposé dans l'entrée, il m'a attrapé la main et tirée hors de la maison, avant de m'entraîner en courant jusqu'au bord de mer tout proche. Là, il m'a juchée sur un petit mur, pour que je puisse encore mieux profiter du spectacle. Le soleil se couchait. Nous sommes restés longtemps, sans mots dire, à contempler la majesté du phénomène.

coucher de soleil à Hydra

Il m'a avoué, un peu plus tard, qu'il ne manquait jamais ce moment nostalgique, où l'astre sombre irrémédiablement, laissant derrière lui des traces d'or et de sang. 

dimanche 6 juin 2010

Το μοιρολόι - le moiroloï

Ce matin-là, le glas sonnait par intermittence, une fois c'est la cloche de cette chapelle-ci qui sonnait, une fois celle de la chapelle près du port, une autre fois, la cloche de celle qui était vers la colline. Les nuages bouchaient l'horizon et le vent soufflait régulièrement et doucement, comme s'il voulait passer inaperçu. Une chape de silence était tombée sur le village. Les gens marchaient plus lentement, pas de rire, pas d'éclats de voix. Même les animaux restaient cois, pas de braiements, les coqs semblaient avoir renoncé à saluer le jour levant, les chiens erraient la tête basse et aucun chat ne défendait plus son territoire.

La mort avait frappé et le temps s'arrêtait en hommage au disparu.

Toute la matinée s'écoula ainsi au ralenti.

jeudi 3 juin 2010

La relation mère-fils


Les liens qui lient les mères grecques à leurs fils (et vice-versa) sont redoutés de toutes les épouses et nombreuses sont celles qui en souffrent, avant de reproduire, à leur tour, cet "enfer" au quotidien.

On raconte à ce propos l'anecdote suivante :

"Il a été prouvé que Jésus-Christ était grec. Comment ?
- Il est resté vivre auprès de sa mère jusqu'à l'âge de 33 ans
- Sa mère le considérait comme le fils de Dieu
- Il a toujours cru que sa mère était vierge" !


Philippe Geluck : Le chat

En feuilletant, comme cela m'arrive souvent, le fameux livre de référence, "L'été grec" de Jacques Lacarrière, je tombe sur ce passage que je ne résiste pas à reproduire ici, tant l'acuité du regard et la férocité de langue me ravissent :

mardi 1 juin 2010

Petit matin


Ce matin, malgré une nuit bien courte, après à peine 4 heures de sommeil, je me suis réveillée à 5h.30 et impossible de me rendormir. Alors, le temps de chauffer de l'eau pour mon thé, je me suis installée sur la terrasse et j'ai fait le tour de mon "jardin". Quel plaisir de découvrir que ce pavot s'était réveillé, lui aussi, quelques minutes plus tôt.

dimanche 30 mai 2010

Τα λερωμένα - Le linge sale


Dans une interview donnée en 1979, Vassilis Tsitsanis déclare : 

“Il me fallait beaucoup de temps pour faire une chanson. Je faisais beaucoup d’efforts pour que mes mains arrivent à traduire ce que j’avais dans l’âme. je suais sang et eau pour donner ce que j’avais en moi. (...) J’ai écrit sur la Grèce, sur la pauvreté, sur la femme, sur le travail, sur la douleur, sur l’injustice, sur la bagarre, sur l’exil, sur la liberté, sur le désir, sur l’insatisfaction. (...) Maintenant, si j’ai réussi ou non, ce sont aux autres de le dire”. (Η ζωή μου, το έργο μου, Βασιλης Τσιτσανης, Εκ. Νεφέλη, 1979)






Pour le plaisir de l'écouter, encore et toujours, voilà une chanson enregistrée en 1952. Ce n'est pas un de ses grands succès, mais je l'aime bien :


Et voici une tentative de traduction :

samedi 29 mai 2010

Le petit cheval

Je passais trois quatre jours à Kéa, et logeais dans le "grand" hôtel du port. Ce matin-là, au petit déjeuner, la terrasse était quasiment déserte, si ce n'est un couple, formé d'une femme ayant atteint les quatre-vingt-dix ans et d'un homme 
approchant la soixantaine. 
 
Elle était grecque mais parlait parfaitement le français et lui, parisien, non seulement par son accent, mais tout dans son attitude reflétait ce côté présomptueux des gens habitant les capitales. Il se voulait distingué, il tenait à ce que l'on remarque qu'il aurait eu les moyens de descendre dans un hôtel plus chic, s'il y en avait eu un autre, et il pestait contre la lenteur du service, tout en beurrant ses biscottes. Elle, elle était menue, chétive dans sa petite robe fourreau d'une élégance passée. Deux bras maigrichons et fripés s'en échappaient. Ses gestes étaient retenus, presque timides. Ses cheveux rares étaient noués en un petit chignon à la Grace Kelly, celui qu'elle avait dû porter toute sa vie. Son attitude était modeste et contrastait d'autant plus avec celle de son interlocuteur.

mardi 25 mai 2010

Mes lectures

Depuis toujours j'aime lire. Lorsqu'un auteur me plaît, j'ai tendance à dévorer tout ce qu'il a écrit.
J'ai décidé de partager ces moments de sérénité avec vous et j'ouvre donc une autre rubrique intitulée : "Mes lectures".
Je me réjouis d'échanger des avis avec vous et espère que cela vous intéressera.

lundi 24 mai 2010

La Pentecôte et les amendes

En ce jour de Pentecôte, les routes ne seront pas très sûres du côté de Lygourio. Pourquoi ? Parce que ce jour-là, aucun flic n'osera se poster sur la route pour contrôler votre vitesse.

On raconte en effet, qu'un dimanche de Pentecôte, un flic du village avait collé une amende à un automobiliste en faute, et que celui-ci l'avait maudit de travailler un jour férié et lui avait prédit qu'il ne passerait pas le jour suivant.

Le flic étant décédé le lundi, plus aucun de ses successeurs n'ose sortir son carnet de souches lors des fêtes religieuses.

Le 25 avril n'était pas une grande fête et j'y ai eu droit !

vendredi 21 mai 2010

Οι βάρβαροι, Les barbares


Un soir où je me trouvais dans une taverne à Folegrandros, sont arrivés deux couples, qui venaient de faire connaissance, à la faveur des manoeuvres d'amarrage dans le port. 

Comme à son habitude, le patron apporta immédiatement de l'eau fraîche et quatre verres afin de les faire patienter jusqu'à la prise de commande. Ils n'attendirent d'ailleurs pas très longtemps, vu le peu de clients présents ce soir-là.

jeudi 20 mai 2010

Le chanteur d'opéra


Comme je le dis dans ma présentation de la plage de Karathona, en plein été, j'aime aller me baigner, tôt le matin, avant que la grande chaleur ne me réduise à pas grand chose. J'y apprécie le calme toujours, la solitude souvent. Alors que la mer est d'huile, je me dis que "j'ai la plus belle baignoire du monde, à moi toute seule". 


L'année dernière, alors qu'après avoir nagé et barboté un bon moment, je m'offrais, au sec, la cigarette du matin que je préfère, une voix de ténor s'est élevée et a recouvert tous les petits bruits habituels : le clapotis discret de l'eau, le pépiement des oiseaux, le teuf teuf teuf du moteur d'une barque de pêcheur passant au loin... 

De l'opéra, en allemand ! Quelle oeuvre ? je ne saurais dire, mais ce fut une merveille, car ce n'était pas juste une poussée pour tester la portée du son, non, non, j'ai eu droit à la totalité de l'aria. Décidément, ma "salle de bains" s'améliorait de jour en jour. En écarquillant les yeux, j'ai vu une tête, qui émergeait, tout là-bas, à bien 500 m. du rivage.

Un moment après que le chant se soit tu, un colosse est sorti de l'eau et a rejoint d'un pas régulier le mobile home où sa femme et son enfant l'attendaient pour le petit déjeuner. Un chanteur d'opéra en vacances familiales...

mercredi 19 mai 2010

A cause de ton indifférence (Για την απονιά σου)


Une chanson qui date de 1939 et qui a été reprise par Georges Dalaras dans l'album "50 ans de Rébétiko", qui est de loin, celui que je préfère.
Cette vidéo a été enregistrée en 1986. On note quelques changements dans le texte par rapport à l'original.





mardi 18 mai 2010

Mes escapades

Aujourd'hui, j'ouvre un deuxième blog, dans lequel je vous présenterai "mes escapades", mes balades dans le Péloponnèse, que ce soit sur des sites archéologiques ou pas.

Bien sûr, il y a Epidaure et Mycènes à 30 minutes de voiture de Nauplie, mais pas seulement....

J'espère vous faire découvrir ma région et vous la faire apprécier.  

dimanche 16 mai 2010

Le berger

En 1986, j'ai passé des vacances à Ithaque, dans une petite maison perchée sur la falaise d'Afales, pas loin de Frikes. 












  




Ce tableau a été exécuté par ma mère, sur la base d'une photo prise dans la cour arrière de la maison.
Cela fait des années qu'il est placé près de mon lit.



vendredi 14 mai 2010

Η κουβέντα, la conversation


En Grèce, on aime parler. Parler de tout, de rien, des nouvelles de la famille, des amis, des voisins, de l'augmentation des prix, des dernières informations vues à la télé, bref... de tous les petits riens qui font le quotidien. En cela, nous ne différons sûrement pas des autres... 


Sauf, qu'on y prend le temps, où que ce soit ! A la poste, à la banque, à la caisse d'un supermarché, même si la file d'attente s'allonge. A la terrasse d'un bistro, dans la rue, toute rencontre est l'occasion d'une petite conversation "κουβέντα" (kouvenda). Il n'est pas rare de voir deux personnes se croiser en voiture, s'arrêter au milieu de la route et bloquer le passage des autres automobilistes, pour échanger quelques mots, et cela jusqu'à ce que quelqu'un d'un peu plus pressé, les rappelle à l'ordre par un léger coup de klaxon, ce qui entraîne parfois un tout petit déplacement, pour permettre le passage, au moins dans un sens, et pour poursuivre cet échange essentiel.

C'est un bavardage, mais pas un commérage, "κουτσομπόλιο" (koutsobolio). Ce n'est pas non plus une discussion, "συζήτηση" (sizitisi), qui, elle, exige des sujets plus sérieux, voire un débat!


Mais ce qui me plaît, c'est qu'en se quittant, on dit :
"MERCI POUR LA CONVERSATION", 
"Ευχαριστώ για τη κουβέντα" !

jeudi 13 mai 2010

Les bougainvillées




Voilà, une plante que j'affectionne et qui n'est pas sans responsabilité quant à ma décision de m'installer à Nauplie même. 

La première maison où j'ai habité dans la vieille ville, en avait un, majestueux, qui atteignait la terrasse sur le toit.



Au fil des saisons, les bougainvillées agrémentent les ruelles de la vieille ville, mais pas seulement, les quartiers plus récents prolongent la tradition et ils ornent nombre de jardins.

Vous pouvez découvrir d'autres photos prises à Nauplie en cliquant ici

mercredi 12 mai 2010

Isthmia ou la pêche à pied

D'habitude vous voyez le canal de Corinthe comme cela




Mais  l'avez-vous vu comme cela ? 
















ou  même  comme ceci ? 
















Pour  cela, il faut aller à Isthmia, à l'embouchure Est.

mardi 11 mai 2010

La patience


En grec, on ne patiente pas, on FAIT de la patience.

C'est une expression très utilisée dans la vie de tous les jours et dès qu'il faut attendre... on FAIT de la patience.

Si quelque chose ne va pas, au travail, en famille ou du côté de la santé.... on vous recommande de FAIRE de la patience. Il y a une sorte d'encouragement dans le ton avec lequel est prononcé le fameux "kane ipomoni" !

Un peu comme si patienter était un verbe trop passif et que le fait d'attendre était déjà une action en soit. Un peu comme si le fait de FAIRE de la patience était la seule chose à faire , et la chose suffisante, pour résoudre ses problèmes.

Un symbole de la patience en pleine action !

lundi 10 mai 2010

Le voyage à Cythère

Théodore Angelopoulos est l'un des cinéastes que je préfère. J'aime l'atmosphère de cette Grèce hivernale, souvent triste, pour ne pas dire tragique, et parmi ses films, le "Voyage à Cythère" est pour moi un grand moment de cinéma.
Il suit  un ancien communistes, qui revient dans son village de Macédoine, après 30 ans d'exil en URSS. Vieil homme perdu, qui peine à faire le lien entre l'image qu'il a gardée de sa patrie et celle qu'il découvre. Seule sa femme, Pénélope des temps modernes, semble le comprendre. Elle le suivra jusqu'au dernier voyage.... celui qu'on fait vers la mythique Cythère.




dimanche 9 mai 2010

L'origan


S'il y a une senteur qui évoque bien la Grèce, c'est celle de l'origan.


Je l'apprécie dans la salade, sur les grillades ou dans les plats cuisinés. J'en fais une grande consommation, mais comme il suffit d'aller en ramasser dans la campagne, je ne m'en prive pas. J'en fais des bouquets, que je mets à sécher pendant au moins une semaine, puis je l'effeuille et le conserve dans des pots.




samedi 8 mai 2010

En Grèce ou pas ?

Depuis quelque temps déjà, et avec une nette recrudescence suite aux événements du 5 mai à Athènes, les forums de voyage sont envahis par les questions des éventuels touristes qui se demandent s'ils peuvent venir en tout sécurité passer leurs vacances en Grèce et s'ils ne risquent pas d'être gênés par les grèves et autres manifestations. 

Que leur répondre si ce n'est que le meilleur moyen de ne pas être pris dans la tourmente est d'éviter les lieux de manifestation et, quant aux grèves des transports en particuliers, de "faire de la patience" comme disent les Grecs. (Les grèves sont en général annoncées une semaine à l'avance et ne durent que 24 h.).


La Grèce en Europe
- Toi, mon petit mouton, pourquoi es-tu noir ?
- Je ne suis pas noir ! Je suis garçon de café !




Dessin de KYP, publié le 1.5.2010 sur www. pare-dose.net



vendredi 7 mai 2010

Les enfants rois

En Grèce, les enfants sont rois et sous prétexte qu'ils passent leur temps à étudier - école officielle le matin, cours particuliers l'après-midi et parfois même jusque tard dans la soirée - on ne leur demande rien, aucune aide ! Les mamans, et parfois les papas,  passent leur temps à les véhiculer d'un cours à l'autre. Entre les maths, l'anglais, le français ou l'allemand,  le ballet pour les filles, le basket ou le foot pour les garçons, sans compter le piano et la guitare.... ils sont bookés comme des businessmen ou women.


Qu'on ne s'étonne pas, ensuite, que pour désigner la jeunesse dorée, les fils à maman ou à papa, on utilise le mot βουτυρόπαιδο ce qui littéralement veut dire "enfant au beurre"!

jeudi 6 mai 2010

Irène Papas est Antigone

En 1961, Irène Papas, a joué le rôle d'Antigone, dans un film de Giorgos Tzavellas. 

Si le film a vieilli, l'actrice reste l'icône de la tragédienne grecque. On la rencontre encore aux représentations du festival d'Epidaure, et le temps ne semble pas avoir de prise sur elle.


mercredi 5 mai 2010

Antigone

Parmi les livres d'Henry Bauchau, je lis et relis son "Antigone"* et surtout son "Journal d'Antigone"**, c'est-à-dire le journal qu'il tenait alors qu'il écrivait le roman (1989-1997).




2 mars 1993


"Un couteau a toujours des moments ignobles, mais nous avons besoin de couper. Peut-être est-ce une pensée d'Antigone.

Après déjeuner, fatigué, je me repose, un bref sommeil et je me retrouve bien au chaud sous la couverture pensant au nouveau personnage (Noir) survenu dans le roman. Je prends conscience que le plus important dans le tour nouveau du livre ce n'est pas Noir, si important soit-il, mais le cri d'Antigone. Ce cri qui est apparu presque à mon insu sous ma plume alors que mon attention était plus attirée par Noir que par le cri, qui semblait n'apparaître là que pour exiger sa présence. Il me semble que le cri est destiné à devenir un élément fondamental du livre. Ce cri qu'elle ne veut pas pousser pour Etéocle et Polynice et qui seul pourrait peut-être les fléchir, elle le pousse à nouveau quand la nécessité l'y force car il n' a plus d'argent pour les pauvres et pour les malades.(...)

mardi 4 mai 2010

Les artichauts à l'honneur

La cuisine grecque fait, elle aussi partie, de mes plaisirs quasi quotidiens et pour répondre à Lisa et donner suite à l'excellente recette de djinns, sans oublier la fête annoncée par Nafpliotissa, je vous livre ci-dessous une recette traditionnelle :

Agneau aux artichauts à la sauce oeuf et citron
(αρνάκι με αγγινάρες αυγολέμονο)

 Ingrédients pour 4 personnes :

1 kg d'agneau dans l'épaule
8 petits artichauts ou 4 gros
1 oignon
2 petits oignons frais coupés fins
quelques brins d'aneth
1/2 tasse de beurre
2 oeufs
2 citrons
sel, poivre

Couper la viande en morceaux moyens, la faire revenir dans le beurre avec l'oignon, les oignons frais, le sel et le poivre. Ajouter 2 à 3 tasses d'eau et l'aneth et laisser mijoter pendant 40 à 45 minutes à couvert.
Pendant ce temps enlever les feuilles des artichauts, les couper  en deux pour pouvoir en extraire tout le foin et les laisser en attente dans de l'eau citronnée afin d'empêcher qu'ils noircissent.
Ajouter les artichauts à la viande et laisser cuire à petit feu jusqu'à ce qu'ils soient tendres et qu'il ne reste plus que l'équivalent d'une tasse de jus.
Préparer la sauce avgolémono : battre les 2 oeufs entiers à la fourchette en ajoutant progressivement le jus d'un citron et celui de la casserole.
Retirer la casserole du feu, y verser la sauce en remuant la casserole pour qu'elle se mélange bien à la viande. (Ne pas remettre sur le feu, sinon l'oeuf va prendre).

Petits trucs : Si vous n'avez pas d'artichauts frais, ou si vous n'avez pas le temps de les nettoyer, vous pouvez utiliser des fonds d'artichauts surgelés. Vous pouvez préparer le tout à l'avance et n'ajouter la sauce avgolémono qu'au moment de passer à table.

lundi 3 mai 2010

Le capitaine et les agrumes


J'ai un ami, kapetanios de son état, qui vit le plus clair de son temps en mer et n'a donc pas souvent l'occasion de manger des fruits fraîchement cueillis.

Un jour, que je le suis dans ma propre voiture sur la route entre Patras et Corinthe, je le vois quitter subitement la chaussée et s'enfiler dans un petit chemin de traverse. Un besoin pressant, ai-je pensé. En effet, le soir il m'explique :

- "Tu n'as pas vu les magnifiques citronniers sur le bas-côté ? Ce n'est pas au Pirée qu'on en trouve des comme ça !"




Une autre fois, nous nous baladons à Pronia, nous passons devant un petit jardin, dans lequel trône un magnifique mandarinier. Ni une ni deux, le capitaine monte sur le muret et cueille quelques fruits pour me les offrir.

Sors alors la propriétaire qui se met à le houspiller. Il lui répond avec le plus grand sourire que ses fruits étaient tellement beaux qu'il n'a pu y résister. Sur quoi la dame se met cueillir une douzaine de mandarines et lui en encombre les bras :

- "Ah bon, je te prenais pour un voleur !"

lundi 26 avril 2010

Anecdote

Une petite anecdote racontée par Lakis Lazopoulos dans son émission Al-Tsantiri News :

Deux hommes dans la huitantaine discutent :
- "Tu te rappelles les pilules qu'on nous distribuait au service militaire pour nous calmer?"
- "Oui, bien sûr !"
- "Je crois bien qu'elles commencent à faire effet !"

samedi 24 avril 2010

Amartia


J'ai appelé ma chatte Amartia - le péché - parce que lorsque je l'ai trouvée, elle était si petite qu'elle tenait dans ma main et que c'était un péché d'être aussi mignonne. !

En plus, la radio diffusait souvent cette chanson :


Je tente une traduction :



vendredi 23 avril 2010

Le plaisir de la nostalgie


Voilà deux mots qui ne devraient pas être associés : plaisir et nostalgie, et pourtant ! 

Alors que la Suisse, en tant que lieu de vie, ne me manque pas du tout, j'éprouve un certain plaisir à ce "mal du pays", lorsqu'il s'agit de nourriture... plaisir tout à fait comblé, lorsque ma soeur vient me rendre visite et m'apporte du saucisson de Payerne, de la saucisse au choux, du gruyère d'alpage et du chocolat Villars !

Un plaisir dédoublé lorsqu'il est partagé en toute amitié.

dimanche 18 avril 2010

la santé de l'économie

Dans le cadre des mesures prises pour lutter contre le déficit, le prix des cigarettes, entre autres, a été augmenté de 20 % ! Réaction d'un ami :

"Qu'ils aillent se faire foutre avec leur crise ! S' ils croient qu'à ce prix-là, moi,  je vais continuer à fumer !"
 
 Il n'y a qu'en Grèce que des cigarettes ont pu porter le nom de "Santé" !

vendredi 16 avril 2010

Le bon sens paysan contre la logique mercantile


Un ami se rend pour la première fois à l'aéroport d'Athènes pour venir me chercher. Je lui explique, comment prendre l'autoroute Attiki, suivre les panneaux "E.Venizelos", trouver ensuite le parking de courte durée et surtout, de ne pas se garer, là où l'on ne peut que s'arrêter pour charger ou décharger des passagers. Tout se passe bien, il est là à mon arrivée et je lui suis reconnaissante de ne pas avoir à trimbaler mes valises dans les transports en commun. Voyant qu'il ne sait pas quoi faire de son ticket de parking, je passe à l'automate et paie. Le soir, il raconte son épopée :

"Je suis parti bien assez tôt, j'ai bien suivi tes indications, je me suis fait confirmer l'itinéraire à chaque péage, j'ai trouvé la sortie 21, j'ai suivi les flèches pour le P1 et là ... je n'ai plus rien compris... il y avait une barrière ! 


Ils t'annoncent le parking à grand renfort de panneaux et de flèches, mais quand tu y arrives, il y a une barrière ! Il faudrait savoir ce qu'ils veulent ! ILS NE PEUVENT PAS T'OBLIGER A TE GARER AU PARKING ET ENSUITE T'EMPÊCHER D'Y ENTRER !

C'est l'automobiliste qui me suivait, qui m'a expliqué qu'il fallait prendre un ticket. C'est dingue ça :  
  • On t'empêche de te garer devant la porte d'entrée du terminal,
  • On t'oblige à entrer au parking mais on en barre l'accès...
  • ET EN PLUS TU DOIS PAYER !"

    lundi 12 avril 2010

    La Grèce et l'euro


    Le passage à l'euro ne s'est pas fait sans mal et beaucoup de Grecs ont eu du mal à abandonner leurs drachmes. En plus, ils se méfiaient déjà de cette monnaie....

    La vieille Dimitra dont je vous parlais dans mon message précédent, était ma propriétaire. Elle a exigé, jusqu'à fin février 2001, que je re-change mes euros en drachmes pour lui payer son loyer. Au mois de mars, elle a bien dû se résoudre à accepter mes euros... même grecs ! 



    Ce dessin de Chappatte reflète exactement une scène ayant eu lieu à la Banque Nationale à Argos, où une de mes connaissances travaillant au guichet s'est vu réclamer des euros, d'accord, mais allemands "car ils sont plus forts !".

    vendredi 9 avril 2010

    Τα κουτσομπολιά - les commérages



    On ne l’aimait pas dans son ancien quartier, c'est le moins qu’on puisse dire. Elle le leur rendait bien, à sa façon de les ignorer et de me mettre en garde contre ces κουτσομπολες ! On l’a disait folle. Il est vrai que vu son âge, elle n’avait plus toute sa tête, mais je crois surtout qu’elle jouait de sa prétendue folie pour n’en faire qu’à sa guise. A la suite de la mort de son mari, Dimitra avait quitté la maison familiale pour s’installer, plus bas dans la ville, près du port. Elle y avait trouvé plus d’espace, et plus de confort. Chacun de ses trois enfants, avait pu disposer de sa propre chambre. Pensez-donc ils étaient appelés à reprendre l’étude d’avocat de leur père, qui lui-même l’avait reçue de son propre père.

    C’est peut-être à cause de ce métier, qu’elle n’était pas très aimée par ses anciennes voisines. Personne n’aime avoir affaire aux avocats ! Et puis, c’est bien connu, les avocats fraudent le fisc alors que les petits employés ne peuvent rien dissimuler de leurs revenus. Elle, elle pouvait s’acheter des chapeaux, alors que dans le quartier, seuls les foulards étaient portés.

    jeudi 8 avril 2010

    Jardin

    Aujourd'hui, rien de spécial, mais un beau rayon de soleil sur mon jardin et le climat est, bien sûr, l'une des raisons qui me font apprécier la Grèce.













    Jonquilles













    freesias

    mercredi 7 avril 2010

    Deux grands artistes

    Un petit moment de félicité entre Mélina Merkouri et Manos Hatzidakis.


    Cette chanson, Kyr Antoni, a été enregistrée pour la télévision française

    mardi 6 avril 2010

    Les chiens errants

    Une amie française, mariée à un Grec, ne supporte pas de voir un chien abandonné, et ne peut s'empêcher de le recueillir chez elle. Il y a quelques années, ils habitaient à Pentelis, un quartier chic du nord d'Athènes, et, alors qu'ils en avaient déjà plusieurs, elle rentre un beau jour avec le ixième chien. Son mari, attendri, mais néanmoins excédé, décide que cette fois-ci, c'en est trop !







    Last but not least ???
    Hindi et Boubou




    Il se met en devoir de trouver un nouvel asile au dernier venu. On lui signale un pope, dans un quartier proche, qui lui aussi, héberge et recueille des chiens errants. Il s'y rend donc et explique la situation au pope. Ce dernier l'écoute et lui répond :
    "Malheureusement, je ne peux plus me permettre de prendre un chien de plus, mais, on m'a dit qu'à Pentelis, il y a une folle de Française qui ramasse tous ceux qui traînent !"

    dimanche 4 avril 2010

    Pour changer de l'odeur de l'agneau...



    La leçon de Pêche au poulpe

    A près de 80 ans, Theodoros s'en va toujours à la pêche au poulpe. Même et surtout s'il utilise son caïque pour transporter les rares touristes égarés sur l'archipel de Fourni, la pêche au poulpe c'est son grand argument ! 

    La leçon commence la veille au soir, devant un ouzo. Les yeux malins brillent, les moustaches frétillent, le sourire est enjôleur.

    En bon élève, j'y suis donc allée moi aussi et j'ai préparé la ligne avec son hameçon et son appât, j'ai vu scintiller les leurres de métal accrochés tout au long du fil, en forme de poissons et qui me faisaient penser à ces ex-voto que l'on trouve accrochés sous les icônes dans les petites chapelles, j'ai regardé dans le seau au travers du morceau de verre qui en remplace le fonds et qui fait office de loupe, j'ai admiré le fonds de la mer, avec ces rochers, ces algues ondulantes, les bancs de minuscules poissons….. Mais point de poulpe ! 












    J'ai reçu ce petit tableau de I. XΑΨΗΣ,  en 1984, à Karpathos. Il ne m'a plus jamais quittée.


    Ce qui fait de Theodoros le meilleur pêcheur de poulpes de l'île, c'est qu'il a une recette bien à lui, un truc infaillible : 
    - "Si tu me donnes un baiser, tu verras que j'en prendrai un de poulpe !".

    J'ai ri, j'ai refusé, il a insisté, un peu, pas trop, juste pour la forme…. Le temps a passé, mais toujours pas de poulpe. 
    - "Tu vois, c'est la preuve qu'il n'y a qu'avec un baiser que les poulpes se laissent prendre !"

    vendredi 2 avril 2010

    De la protection des saints

    Le monastère de Karakala, comme tous les monastères d'ailleurs, est situé dans un très bel endroit, verdoyant, à quelques kilomètres de Nauplie. Il y a trois ans, il a été menacé par un incendie. Il faut dire que cet été-là, une grande partie du Péloponnèse a été la proie des flammes et les moyens pour se battre contre cette catastrophe ont paru parfois bien dérisoires.

    source : photo prise par la NASA


    jeudi 1 avril 2010

    Le kit antisismique

    Le 8 janvier 2006, vers midi, la terre a fortement tremblé à Nauplie.  L'épicentre était situé entre l'île de Cythère et la pointe orientale du Péloponnèse, mais heureusement, dans une fosse assez profonde, ce qui a eu pour effet de limiter les dégâts... mais pas la frayeur ! Tout le monde s'est retrouvé dans la rue.

    Le lendemain, je donnais un cours à un garçon d'une dizaine d'années qui, lui aussi, avait été impressionné par la force de ce phénomène. Très sérieux, il m'a montré le petit nécessaire qu'il avait préparé,  et caché sous son lit, en prévision d'une éventuelle réplique. Il me fit donc l'inventaire de son sac à dos :

    - "Un tournevis, parce que ça peut toujours servir, 
    - une lampe de poche, au cas où ça arrive la nuit et 
    - un harmonica, pour ne pas perdre le moral, même si la maison est détruite".