Aujourd’hui, j’ai perdu un ami. Konstantinos Gkikas, était ce
que l’on appelle un Monsieur, un grand. J’ai eu la chance de travailler avec
lui à l’atelier de confection de costumes traditionnels, rattaché au musée des
arts populaires de Nauplie.
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| Kostaki Gkikas |
Dès son enfance il avait marqué son goût pour la couture,
mais…. un garçon, qui plus est unique, ne pouvait se destiner à la couture, encore moins à la
broderie. Fini le temps où le brodeur et son aide, passait de maison en maison et s'installait pendant au moins six mois pour préparer le costume du marié. Exclu qu’un garçon de bonne famille ne fasse pas un métier
d’homme ! Il est donc devenu employé de banque à Argos. Mais il n’a jamais renoncé à sa passion et a monté, de
toutes pièces, un atelier de couture et de broderie destiné à l’entretien et à
la reproduction de costumes traditionnels, costumes portés par les groupes de
danses folkloriques, principalement celui de la Fondation du Folklore du Péloponnèse.
Il avait étudié (en autodidacte et avec l'aide de Mme Ioanna Papandoniou, la fondatrice du musée) les costumes de toutes les régions de la Grèce, les tissus et les techniques utilisées. Il se faisait fort de reproduire à l'identique ces costumes et n'hésitait pas à faire appel à une tisseuse, s'il ne trouvait pas le tissu nécessaire à la confection, d'une pièce.
J'en ai passé des heures à essayer de l'imiter et le premier mot de broderie que j'ai appris est ξηλωσε το ! ce qui veut dire "découds-le !" Mais à force de patience, de sa part aussi, d'ailleurs, j'y suis arrivée !
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| Costume de Desfina |
Mais Kostaki c'était aussi un homme au grand coeur, un homme drôle, un homme qui aimait les jeux de mots (il connaissait par ailleurs parfaitement le français, y compris l' argot), un homme sur qui tout le monde pouvait compter, un homme que tout le monde connaissait et appréciait.
Je lui dois d'avoir passer les meilleurs moments du début de ma vie à Nauplie.
Aujourd'hui j'ai perdu un ami, aujourd'hui j'ai perdu un grand frère.