Affichage des articles dont le libellé est mythologie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est mythologie. Afficher tous les articles

jeudi 15 août 2019

La Pythie


Ce mois-ci le thème me convient bien et je n'ai que l'embarras du choix. Je suis entourée de témoignages du passé représentant les "Mythes et la Mythologie", tout du moins de ceux qui se rapportent à la Grèce antique. Ne dit-on pas, encore aujourd'hui, que lorsque quelqu'un meurt, "Charon l'a emporté ?".

C'est donc bien une photo basée sur un mythe grec que je vous propose, celui de la Pythie qui rendait son oracle assise sur un trépied, dans le temple d'Apollon à Delphes.  Cette statue est d'Adèle d'Affry, qui pour s'imposer dans le monde de l'art, dû masquer sa féminité par un nom d'homme : Marcello. 

Cette oeuvre est exposée à l'Opéra Garnier à Paris. Je l'ai photographiée à Fribourg, ville natale d'Adèle d'Affry, qui lui a consacré une magnifique rétrospective en 2014 au Musée d'Art et d'Histoire.



Pour découvrir les mythes et mythologies des autres participants vous pouvez cliquer sur les liens ci-dessous :

Akaieric, Alexinparis, Amartia, Betty, Blogoth67, Brindille, Cara, Christophe, Céline in Paris, DelphineF, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, FerdyPainD'épice, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Josiane, Julia, Krn, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Mamysoren, Marie-Paule, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Philisine Cave, Pilisi, Pink Turtle, Renepaulhenry, Sous mon arbre, Tambour Major, Travelparenthesis, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente.

mardi 20 juin 2017

Les sept contre Thèbes

C'est à Eschyle que l'on doit cette pièce qui remonte à 467 av. J.-C.

Après le départ d'Oedipe de Thèbes, ses deux fils, Etéocle et Polynice, sont censés se partager le pouvoir chacun à son tour. Mais lorsque celui de Polynice vient, son frère refuse de lui céder le trône. On se rappelle que Polynice est allé trouvé son père à Colone pour lui demander son appui, mais que ce dernier le lui a refusé et a même souhaité que les deux frères s'entretuent. C'est à ce combat que l'on assiste dans cette tragédie. 

Chassé de Thèbes par son frère, Polynice trouve refuge à Argos. Il y prépare son combat pour reprendre la ville de Thèbes qui dispose de sept portes. Il s'allie donc à six autres chefs de cité afin d'obliger son frère à défendre les sept portes en même temps. 

Les sept contre Thèbes

Mais ce n'est que par les échanges entre Etéocle et son éclaireur ou à travers les récits du choeur que nous suivons la bataille qui se mène, jusqu'au combat final qui voit les deux frères s'entretuer comme l'avait prédit Oedipe.

Etéocle et Polynice

Mais la tragédie ne saurait s'arrêter là et elle se poursuit par l'interdiction faite aux Thébains de donner une sépulture aux ennemis dont Polynice. Et la pièce se termine sur les lamentations d'Ismène et d'Antigone et la décision de cette dernière de braver l'interdit et d'enterrer son frère. 

Il faut donc se reporter à Sophocle pour avoir "la suite" et relire la pièce "Antigone" pour connaître la fin du cycle thébain. Dommage que le Festival d'Epidaure ne l'ait pas programmée cette année. 

En attendant, vous pouvez trouvez le texte des Sept contre Thèbes en cliquant ICI. 

vendredi 9 juin 2017

Oedipe à Colone


Sophocle  pose la question du destin qui pèse sur les hommes de leur responsabilité face à ce dernier et des bienfaits ou des malheurs que l'on retire de l'accueil ou du rejet de ceux qui ont enfreint les règles.

On retrouve dans cette oeuvre Oedipe et ses quatre enfants (Antigone, Ismène, Etéocle et Polynice), et Thésée le roi d'Athènes.

Le jour où Oedipe a découvert qu'il avait tué son père et qu'il avait épousé sa mère, le jour où il est chassé de Thèbes, une prophétie d'Apollon lui prédit qu'il ne connaîtra le repos qu'une fois arrivé à Colone et qu' il y mourra apportant ainsi de grands bienfaits à ceux qui l'auront accueillis. 

L'oeuvre de Sophocle nous relate l'arrivée d'Oedipe, vieux et aveugle, accompagné de sa fille, Antigone. 

Oedipe et Antigone,  Jean-Séraphin Besson
2eme ou 3eme quart du XIXe s.

Musée des Beaux-Arts de Dole


Dans un premier temps les anciens du lieux, effrayés, veulent le chasser, mais Antigone prend sa défense et tous deux plaident le malheur d'un homme victime du destin que les dieux lui ont réservé.

Sur ce arrive Ismène, la deuxième fille d'Oedipe, qui leur apprend la lutte pour le pouvoir que se livrent ses deux frères Etéocle et Polynice. Elle le supplie de revenir à Thèbes. Mais Oedipe refuse.

Puis survient Thésée, le roi d'Athènes, qui l'accueille et lui promet protection contre les Thébains. En effet, Créon, le beau-frère d'Oedipe, essaie lui aussi de le convaincre de revenir à Thèbes.  Lui aussi a appris que le lieu où mourra Oedipe bénéficiera des bienfaits des dieux. Devant le refus d'Oedipe, il enlève Ismène et Antigone, mais les hommes de Thésée les lui reprennent, au risque de déclencher une guerre.

Alors que Thésée et Oedipe fêtent le retour d'Antigone et d'Ismène, Polynice se présente et expose à son père le conflit (les sept contre Thèbes) qui l'oppose à son frère. Oedipe lui refuse son aide et souhaite à ses deux fils de s'entretuer. 

Oedipe maudissant Polynice , Jacques Augustin Pajou - 1804
Musée Sainte-Croix - Poitiers


Puis Oedipe demande à Thésée de l'accompagner au lieu où il mourra. Il doit en être le seul témoin.

La pièce se termine alors qu'un messager raconte comment Oedipe a subitement disparu alors que Thésée semblait cacher ses yeux, incapable de soutenir ce qu'il voyait. Antigone annonce qu'elle va retourner à Thèbes et l'on sait quel destin l'y attend.

Vous pouvez retrouver l'intégralité de la pièce en cliquant ICI

Je ne peux terminer ce billet sans vous parler d' Oedipe sur la route de Herni Bauchau :


C'est un récit magnifique que Bauchau invente entre la fin d'Oedipe roi, c'est à dire le moment où Oedipe est chassé de Thèbes et son arrivée à Colone. Oedipe et Antigone errent durant plusieurs années à la recherche d'un lieu d'accueil, d'un lieu ou apaiser enfin leurs tourments, mais c'est aussi un chemin intérieur fait de révoltes et de tourments pour affronter ses propres démons et parvenir à s'accepter.

mercredi 7 juin 2017

Les Bacchantes


L'oeuvre d'Euripide raconte comment Dionysos, de retour à Thèbes, se venge du refus de Penthée de reconnaître son culte. 

Et dès le prologue, le dieu voyageur évoque ses origines.

Il est le fils de Zeus et de Sémélé, l'une des filles de Cadmos et d'Harmonie. Héra, d'autant plus offensée de l'infidélité de son mari que Sémélé attend un enfant, décide de lui tendre un piège et se fait passer pour sa nourrice. Elle la pousse à demander à Zeus de lui prouver qu'il est bien le roi des dieux. C'est ainsi que Zeus lui apparaît dans toute sa majesté armé de sa foudre. Sémélé ne peut supporter la vue des éclairs et prend feu. 

Rubens, Jupiter et Sémélé,  1625,
Musées Royaux des Beaux Arts, Belgique.

Zeus a juste le temps de sauver l'enfant et le cache dans sa cuisse jusqu'à sa naissance. C'est ainsi que Dionysos est "né de la cuisse de Jupiter" !



Après avoir longtemps voyagé de Perse en Inde, en passant par l'Arabie, il revient à Thèbes pour y imposer son culte. Mais la ville qui est aux mains de son cousin Penthée le rejette tel un étranger et met en doute son ascendance divine. 

Pour se venger Dionysos "lance le taon de la folie" sur toutes les femmes de Thèbes et les entraîne dans les forêts avoisinantes pour se livrer à des bacchanales. Par diplomatie, Cadmos (son grand-père) décide d'autoriser le culte dionysiaque auquel participe d'ailleurs la propre mère de Penthée, Agavé.

La fête des bois, les Bacchantes, Frederick Arthur Bidgman (1847-1928)

Mais Penthée ne l'entend pas de cette oreille et décide de mettre fin à ces débordements. Il fait arrêter l'étranger qui n'est autre que Dionysos ayant pris forme humaine, et enfermer les femmes mais toutes se libèrent comme par enchantement et retournent vivre dans la montagne. 

Dionysos lui aussi se libère mais il décide de tendre un piège à Penthée. Il prétend être un simple mortel inspiré par le dieu et pousse le maître de Thèbes, "pressé de voir ce qu'on ne doit pas voir" à se rendre en personne sur les lieux pour constater de visu ce qui s'y passe ! Il pousse même la moquerie jusqu'à le persuader de s'habiller en femme, ce que Penthée accepte. 

Mais Penthée est démasqué par les bacchantes et, possédées par Dionysos, elles lui arrachent les membres, lui "déchirent les flancs". Il a beau supplier sa mère et ses tantes de le reconnaître, rien y fait. Agavé elle-même se saisit de sa tête, la plante sur son thyrse et revient en ville fière et folle de son exploit. Ce n'est qu'ensuite qu'elle comprend qu'elle vient de tuer son propre fils.  

Dépeçage de Penthée par les Bacchantes, Daniele da Volterra (1509-1566)
Palais Farnèse

Vous pouvez trouver le texte intégral de la pièce d'Euripide en cliquant ICI

L'oeuvre sera présentée les 14 et 15 juillet 2017 au Théâtre d'Epidaure, dans une mise en scène d'Ektora Lygizos. 


lundi 5 juin 2017

Les Labdacides


Cette année, le festival d'Epidaure a choisi de présenter trois pièces qui concernent les membres de la famille des Labdacides.

Une bonne occasion de réviser les mythes liés à celle-ci et dont voici tout d'abord un arbre généalogique :




Il faut dire que dès l'origine, la guerre et les drames sont inscrits dans son destin :

Cadmos fonde la ville de Thèbes, sur les conseils de l'oracle de Delphes, à l'endroit où une génisse s'était étendue. Mais la seule source de la ville est gardée par un dragon, fils d'Arès, le dieu de la guerre. Cadmos sort vainqueur du combat qu'il lui livre et prélève les dents du dragon qu'il sème à la demande d'Athèna.  Des guerriers tout en armes jaillissent de l'endroit où les dents tombent et se mettent aussitôt à s'entretuer. Les cinq survivants de ce combat aident Cadmos à bâtir la ville de Thèbes.


Hendrick Goltzius (1558-1617),
Cadmus tuant le dragon, vers 1589
Kunstalle, Hambourg


Il épouse ensuite Harmonie, fille d'Arès et d'Aphrodite.  Leur descendance connait de nombreuses mésaventures, celles que relatent les auteurs antiques dans leurs tragédies, et que l'on retrouve notamment dans "Les bacchantes","Oedipe à Colone" et  "Les sept contre Thèbes".

Je vous en parlerai dans mes prochains billets.


dimanche 29 mars 2015

Les Heures - Η Ωραι


Au temps des Swatch et autres Rolex, et au moment du passage à l'heure d'été, on l'a peut-être oublié, mais les Heures étaient des déesses de la mythologie grecque. Filles de Zeus et de Thémis, elles étaient souvent confondues avec les saisons, c'est pourquoi, selon Hésiode ou Homère, elles ne sont que trois :

Eιρήνη - la Paix 
Εύνομια - la "Bonne application des lois"
Δίκη - la Justice


Diodore de Sicile dit d'elles :

"Chacune des Heures est chargée des différents temps de la vie de l'homme et elles l'avertissent par leurs trois noms que rien ne peut la lui procurer heureuse que l'ordre, la justice et la paix".

En tant que Saisons - le printemps, l'été et l'hiver - elles procédait à l'organisation des travaux des champs et Homère leur prêtait le rôle de gardiennes des portes de l'Olympe.

Comme on le voit,dans l'antiquité, le terme Ωρα, désignait plusieurs laps de temps, il faut dire que ce dernier n'était pas encore divisé précisément et que ce n'est que plus tard, qu'apparurent les quatre saisons, les douze mois et les douze heures.

mardi 24 février 2015

La Pythie


Cet hiver, à Fribourg, j'ai visité une exposition consacrée à l'oeuvre de Marcello (Adèle d'Afrry) dont vous pouvez voir une présentation sur le blog de Gine

L'oeuvre qui m'a le plus frappée, que vous connaissez peut-être puisqu'elle est installée dans le hall de l'opéra Garnier à Paris, est celle intitulée "La Pythie".


Marcello : La Pythie 1869

Qui mieux que Jacques Lacarrière et Pausanias peuvent nous parler du rôle que jouait la pythie de Delphes ?

"Ce tronçon de la Voie Sacrée traversait aussi le coeur le plus primitif de Delphes, là où la Terre eut son premier oracle, gardé par le serpent Python. Au pied de ce mur, là où aujourd'hui les herbes folles croissent à profusion, la Terre "parla". Mais à l'époque classique, la Pythie exerçait ses talents, non plus à cet endroit, mais dans l'adyton du temple d'Apollon, assise sur un trépied dressé au-dessus de la pierre sacrée, cet omphalos ou nombril du monde, cet omphalos qu'on disait une pierre géante tombée du ciel (on pensa, bien sûr à une météorite, mais Pausanias nous dit plus loin qu'il était en marbre blanc, ce qui ne convient guère à une météorite !) ou qui passait pour la pierre emmaillotée de langes que Cronos avait engloutie, croyant dévorer Zeus nouveau-né. De cette pierre - qui communiquait, disait-on avec les entrailles de la terre, sortaient des exhalaisons délétères provoquant un vertige passager propice au délire prophétique, exhalaisons émanant du corps pourrissant de Python, enterré juste en-dessous de l'omphalos. Mais il s'agit là de faits très contestables, dus plutôt à l'imagination des poètes - je parle des exhalaisons délétères, évidemment - et dont Pausanias lui-même ne dit mot. La Pythie - toujours choisie parmi les femmes de Delphes - s'installait donc sur le trépied, buvait de l'eau puisée à la source Cassotide, qui coulait un peu plus haut, au pied du mur nord de l'enceinte, et mâchait des feuilles de laurier."
(Jacques Lacarrière, Promenades dans la Grèce Antique, Hachette, 1978)

Sur ce cratère à figure rouge, datant d'env. 300 av. J.C. il m'a semblé retrouver l'expression "exaltée" de la pythie de Marcello.


Oreste et la Pythie

Au début, la pythie ne délivrait l'oracle d'Apollon qu'une fois par an, mais vu le succès et l'importance des demandes, ces oracles eurent lieu tous les mois. Les maisons des trésors qui foisonnent sur le site de Delphes, montrent bien à quel point la fonction oraculaire du sanctuaire a contribué au développement de la cité. 

"Peu importe qu'en fait, ce soient les prêtres, desservants du sanctuaire et de l'adyton qu'on appelait d'ailleurs les prophètes, qui aient inventé ce langage, ou tout au moins l'aient ordonné, structuré, mis en vers à partir des vaticinations de la Pythie. L'important est qu'à travers ce processus, et le pouvoir qu'on lui accorde, s'exprime une fois de plus la fascination grecque pour le langage. (...) Et les oracles jouent avec les mots comme d'autres jouent avec le feu. Ils capturent les consultants dans leurs pièges sémantiques, les éblouissent, les étourdissent en faisant miroiter toutes les faces des mots. A la limite, cela donnera ce qu'on appelle justement des jeux de mots, allant du calembour à l'énoncé ésotérique."
Jacques Lacarrière, L'Eté grec, Plon, 1976

Le dernier oracle rendu à Delphes fut :

"Dites au roi : la belle demeure a croulé, Phoibos a perdu son foyer, son laurier prophétique et sa source chantante. Elle s'est tue, l'eau qui parlait."
Jacques Lacarrière, L'Eté grec, Plon, 1976


samedi 29 janvier 2011

Les alkyonides

Entre le 15 décembre et le 15 janvier, on connaît, en Grèce, ce qu'on appelle les jours alkyonides, c'est-à-dire, une quinzaine de jours où il fait particulièrement doux et pendant lesquels le soleil brille.

Ce nom, qui désigne le martin-pêcheur, remonte à l'Antiquité. La mythologie raconte que Zeus aurait transformé Alkyoni, la fille d'Éole, dieu des vents, en martin-pêcheur, après que celle-ci se soit suicidée pour avoir perdu son bien aimé.

Alkyoni est également le nom d'une étoile de la Pléiade qui brille au zénith tous les soirs de cette période.

Les anciens pensaient aussi que Zeus, lui-même, avait réchauffé ces journées de janvier, de manière à ce que les oeufs, que le martin-pêcheur dépose dans les anfractuosités des rochers, puissent incuber.


Ce matin, au marché, les alkyionides n'étaient plus qu'un souvenir et les maraîchers avaient allumé un bon feu pour se réchauffer. 


samedi 13 novembre 2010

Το φεγγαρι - la Lune

Je suis en train de lire "Au coeur des mythologies" de Jacques Lacarrière et avant même que de l'avoir terminé, j'en extrais un passage concernant la Lune, si chère aux Grecs. (Dans un prochain billet, je reviendrai sur le nombre de chansons populaires qui ont pour thème la lune, ses bienfaits et ses maléfices).

"Si le soleil est l'oeil du jour, la lune est tout naturellement l'oeil de la nuit. Un tel parallélisme n'a guère besoin d'être justifié. Tous les peuples ont considéré que ces deux yeux, qui ne se rencontrent pourtant jamais dans le ciel, si ce n'est aux rares intervalles des éclipses, appartenaient à un même visage divin. Quelle que soit la nature de leurs rapports, qu'ils soient frère et soeur, mari et femme, associés ou rivaux dans la quête du pouvoir suprême sur les hommes, aucun mythe ne met en doute l'existence de ces rapports. (...)
Elle (la lune) intervient, tout comme le soleil, dans la vie et dans les visions des hommes mais par les voies du fantastique, de l'ombre et de la confusion. Elle commande aux forces nocturnes, et crée sur la terre une atmosphère d'angoisse et d'irréalité. Et surtout, à la différence du soleil, elle ne reste jamais intacte dans le ciel : chaque mois, elle diminue, change de forme, se mue en un fin croissant aux cornes menaçantes et disparaît pendant trois jours. Quand elle réapparaît fragile et minuscule, c'est pour retrouver sa forme première et recommencer le même cycle de disparitions et de réapparitions sans fin. Elle a, en somme, une "histoire" mystérieuse, dramatique, vite assimilée à celle d'une mort et d'une résurrection périodiques. C'est pourquoi, dans les mythes les plus anciens, la lune gouverne à la fois la Mort et l'Immortalité."

Ce lien entre le soleil et la lune est encore très présent et on trouve dans les jardineries des céramiques décoratives réunissant le soleil et la lune.

lundi 5 juillet 2010

Médée



En écho à la présentation de la Corinthe antique sur mes escapades, je reviens sur la légende de Médée et du meurtre de Glauké, en vous livrant un extrait du monologue de Médée, tiré de la pièce éponyme d'Euripide (GF, 1966, traduction H. Berguin et G. Duclos).

(...) Ecoute des paroles qui ne sont pas pour te plaire. J'enverrai un de mes serviteurs auprès de Jason pour le prier de paraître à ma vue. Quand il sera venu, je lui dirai de douces paroles, que nous sommes d'accord, qu'il fait bien de nous abandonner pour contracter alliance avec la princesse, que ses décisions sont utiles et heureuses. Je lui demanderai que mes fils restent ici, non que je veuille les laisser sur une terre hostile exposés aux outrages de mes ennemis, mais pour tuer par mes ruses la fille du roi. Car je les enverrai les mains chargées de cadeaux les porter à la jeune épousée pour qu'on ne les bannisse pas de ce pays : un voile fin et un diadème d'or ciselé. Si elle prend la parure et la met sur sa peau, elle périra dans d'horribles souffrances et avec elle quiconque la touchera, tellement seront violents les poisons dont j'imprégnerai ces présents. – Mais ici je m'arrête et je pleure sur l'action qu'il me faut accomplir ensuite. Car je tuerai mes propres enfants; il n'y a personne qui puisse les arracher à la mort. Et quand j'aurai bouleversé toute la maison de Jason, je sortirai du pays, m'exilant pour le meurtre de mes fils bien-aimés, après avoir osé le plus sacrilège des crimes. Non, je ne puis supporter, mes amies, d'être la risée de mes ennemis. (...)"

samedi 12 juin 2010

Un CHE grec


Voilà un portrait que je ne m'attendais pas à trouver dans la cuisine de la première maison que j'ai louée à Nauplie !

C'est en faisant de l'ordre dans mes photos (sur papier) que je suis tombée sur celle-ci, et cela m'a remis en mémoire les explications de ma vieille propriétaire, sur la raison de la présence du CHE ! dans cette maison-là :

- "C'est ma fille qui l'a peint quand elle était petite. C'est un grand révolutionnaire, il a beaucoup donné à la libération du peuple, on l'a même tué. "

Que dire, sinon "oui", sans trop montrer d'étonnement d'entendre cette vieille bourgeoise grecque vanter à ce point la révolution.

- "Ce sont les Turcs qui lui ont fait ça ! D'ailleurs, tu vois, ce point rouge qu'il a dans le béret, c'est le trou qu'ils lui ont fait quand ils l'ont abattu ! Et si son visage est tout rouge, c'est à cause du sang qu'il a versé !"

Ah, évidemment, vu sous cet angle ...